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Mardi 17 juin 2008
 
La dyslexie, origine cognitives, cérébrales et génétiques



Acceptant de venir présenter son point de vue devant un public qu’il sait partagé
sur ses thèses, Franck Ramus annonce clairement la couleur dès de début de son propos:


« L’illettrisme et la dyslexie, ce n’est pas la même chose. Il y a des dizaines de raisons
d’échouer dans l’apprentissage de la lecture : biologiques,
comportementales, environnementales, pédagogiques, familiales…
Mais 3 à 5% des élèves ont
des difficultés « inattendues et spécifiques » pour apprendre à lire.
Aucun enseignant ne peut se permettre de l’ignorer. »


Mais de son point de vue, le comportement d’un sujet est piloté par la cognition.
C’est donc vers ce champ qu’il a été regarder les fonctionnements cérébraux
pour comprendre pourquoi certains enfants ont des difficultés,
« ce qui nous amène forcément vers un problème génétique ».


Il fait l’hypothèse que le déficit de conscience phonologique est une explication possible.
« Peut-être que les unités de la parole sont moins bien identifiées dans le cerveau, perturbent l
es premiers apprentissages… »
. Il montre que dès quatre ans, un enfant sait détecter un intrus phonologique,
et que les enfants dyslexiques ont des faiblesses dans ces activités, comme dans celles qui font appel
à la mémoire à court terme (répéter des suites de chiffres ou de pseudo-mots) ou qui demandent
de nommer rapidement des mots.


Mais, prévient-il encore, ces trois faibles compétences ne sont-elles pas le résultat de mauvais apprentissages ?
Sa réponse est nette : non, si on les compare avec des enfants plus jeunes qui ont des compétences
comparables en lecture, ou si on fait des études longitudinales sur le suivi de familles à risque,
qui montrent que le risque d’être dyslexique dans une famille dyslexique est de l’ordre de 50%.
Cependant, il module le propos sur la source exclusivement phonologique de la dyslexie :
« on ne peut pas oublier que certains dyslexiques peuvent avoir des troubles visuo-attentionnels,
liés à des dysfonctionnements
cérébraux».


L’origine des troubles phonologiques chez les dyslexiques ?

En regardant fonctionner le cerveau des élèves dyslexiques grâce à l’imagerie médicale, Franck Ramus
voit des différences visibles : le volume de l’épaisseur de la matière grise dans certaines zones,
la connectivité plus faible de la matière blanche dans l’aire temporo-pariétale… Mais là encore,
 « on ne peut affirmer qu’il s’agit d’une cause ultime, car ces propriétés peuvent augmenter avec l’entraînement ».
C’est, dit-il, la condition sine-qua-non de l’idée de capacité d’évolution des cerveaux.
« On pourrait d’ailleurs prendre le parti que ces écarts sont le conséquences de difficultés d’apprentissages ».


Il y a vingt ans, certains chercheurs ont publié des études, critiquées, selon lesquelles,
lors de la migration neuronale (entre 12 et 24 semaines de gestation), lorsque
les neurones migrent vers le cortex en s’appuyant sur les cellules gliales, certains
perturbations (ectopies) peuvent apparaître, plus ou moins graves, parfois minuscules.
Mais nous en avons tous, sans que ça ait forcément de conséquences fonctionnelles.
Mais quand elles sont là, on ne peut plus les bouger facilement.
Quand on observe ces anomalies chez des animaux, on observe des troubles
de mémoire de travail, d’apprentissage, d’orientation spatiale…
Mais ces études n’ont jamais été confirmés, et sont à prendre avec des pincettes.
L’imagerie cérébrale ne permet pas de les voir.




La piste des ectopies

Il y a trois ans, les neurobiologistes ont eu accès des données génétiques qui leur ont amené des points
 d’appui pour une hypothèse de données génétiques sur la dyslexie :

- certaines familles ont une personne sur deux dyslexique. Mais on peut aussi opposer qu’ils partagent
aussi de l’environnement qui peut être négatif…

-Les jumeaux monozygotes dyslexiques présentent des profils plus concordants que les hétérozygotes,
ce qui est un argument en faveur de l’origine génétique du trouble.

-    on arrive maintenant, grâce au séquençage du génôme, à voir plusieurs « régions chromosomiques »
sur lesquelles ont a repéré des régions liées avec la dyslexie,

-    un gène spécifique, DYX1C1, a un rôle qu’on a expérimenté chez l’animal, au moment de
la migration neuronale : des chercheurs américains ont montré qu’en agissant sur ce gène,
on bloquait La migration neuronale. « C’est une découverte très importante ».

Mais prenant à nouveau des précautions qui ne sont pas que de circonstances,
Franck Ramus veut préciser son point de vue :
« les gênes associés à la dyslexie
ne sont pas les gènes de la dyslexie ou de la lecture.
C’est une expression trompeuse pour faire des raccourcis entre généticiens.
Ce qu’on peut dire, c’est qu’il peuvent contribuer à perturber le développement du cerveau,
 et rendre plus difficile certaines opérations cérébrales engagées dans les processus d’apprentissage.
Et evidemment, les facteurs environnementaux jouent, à tous les étages
».



"Chercher des origines génétiques ne signifie pas qu’on n’a pas
de pouvoir d’agir".

Il répète à son auditoire que l’environnement langagier, l’orthographe de la langue, les méthodes
pédagogiques peuvent nous donner des possibilités d’intervention. « Génétique ne veut pas dire déterminé
et immuable. Le phénotype est une confluence de facteurs, et l’Ecole a tout son rôle à jouer »…


Mais ce n’est pas le travail de l'Ecole, que de chercher le dépsitage ou le diagnostic de la dyslexie.
« Son rôle est de repérer les élèves en difficulté de lecture. On ne peut pas demander aux enseignants de les rééduquer,
mais d’enseigner, à tous les enfants, y compris à ceux qui sont en difficulté, sans préjuger sur les causes
de leurs difficultés : tous les enfants qui ont un faible vocabulaire, un déficit phonologique ont un « facteur de risque »
 sur lequel on doit être vigilant. Et au deuxième trimestre, pour tous ceux qui n’ont pas appris les bases du décodage,
les fondamentaux de la lecture, toujours sans préjuger de leur trouble, l’enseignant doit continuer
encore plus intensivement et explicitement à enseigner les relations graphèmes/phonèmes et l’accès au sens…
Et ça doit s’évaluer. »

Si ça ne fonctionne pas, c’est ensuite avec d’autres professionnels qu’il faut travailler en réseau.
Et en tout état de cause, conclut le chercheur, "l’Ecole doit autoriser les aménagements pour permettre
aux élèves de ne pas être handicapés par leurs difficultés dans les autres apprentissages,
lorsque l’outil lecture/écriture est utilisé pour apprendre des contenus dans les autres disciplines".


La synthèse de l’INSERM sur laquelle F. Ramus appuie son propos :
http://ist.inserm.fr/basisrapports/dyslexie.html

Source de l'article :http://www.cafepedagogique.net

par Lémos Dedys publié dans : Dyslexies
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Dimanche 15 juin 2008

Voici un article très intéressant  et surprenant concernant la dyslexie, à suivre ...



Chez certains enfants souffrant de dyslexie, la difficulté de lecture est due à un déficit de la capacité de percevoir les sons qui changent rapidement, selon une étude utilisant l'imagerie cérébrale, publiée dans le journal Restorative Neurology and Neuroscience. Par exemple, à la place de Ga, ces enfants peuvent entendre 'ga,' 'ka,' 'ba,' ou 'wa'.

Dans cette recherche, entraîner à la perception des sons par le biais d'exercices par ordinateur a permis d'activer les bons circuits neurologiques du cerveau chez d'enfants dyslexiques de 9 à 12 ans, corrigeant le problème de perception des sons et améliorant la lecture.

Selon l'auteur principal de l'étude, Nadine Gaab, ces résultats pourraient possiblement amener à pouvoir diagnostiquer la dyslexie avant même l'apprentissage de la lecture. Ils suggèrent également de nouveaux moyens de traiter la dyslexie tels que l'entraînement musical.

Les exercices n'impliquaient pas de lecture, mais la discrimination de sons, en commençant par les plus simples jusqu'à de plus complexes.

Après 8 semaines de sessions quotidiennes, environ 60 heures au total, leurs cerveaux répondaient davantage comme ceux des lecteurs typiques, lorsqu'ils traitaient des sons changeant rapidement.

Des tests de suivis doivent être réalisés pour vérifier si ces bénéfices durent au-delà de quelques semaines.

Source de la recherche :PsychoMédia  -  Publié le 03 novembre 2007

par Lémos Dedys publié dans : Dyslexies
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Dimanche 15 juin 2008

Source de la recherche : PsychoMédia  -  Publié le 18 février 2007

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de rendre public un rapport intitulé "Dyslexie, dysorthographie et dyscalculie, bilan des données scientifiques".

Les auteurs du rapport précisent que celui-ci "ne prétend pas aborder l'ensemble des problématiques relatives à l'échec scolaire". Les troubles étudiés concernent "environ un quart des enfants en échec scolaire".

Ces troubles "ne peuvent être attribués ni à un retard intellectuel, ni à un handicap sensoriel, ni à une pathologie psychiatrique avérée (...), se rencontrent chez les enfants de tous les milieux socioculturels". Ils peuvent s'associer à des anomalies de la coordination, du graphisme ou encore à une hyper­activité ou des troubles de l'attention.

Il existe bien souvent des signes précurseurs comme un langage oral mal organisé, un vocabulaire limité. Ces écoliers ne maîtrisent pas les correspondances entre les lettres ou groupes de lettres (graphèmes) et les sons de la parole (phonèmes). Mais on ne peut parler de dyslexie qu'en cas de trouble durable et persistant. « En sachant qu'il y a tout un éventail de sévérité et que seuls 10 % de l'ensemble des dyslexiques auront un handicap durable », précise Michel Habib, neuropédiatre à la Timone à Marseille. Si l'on ne dispose pas de données sur la prévalence de la dyscalculie et de la dysorthographie, la dyslexie toucherait 5 à 7% des enfants, selon Michel Habib.

Le rapport fait le tour des théories explicatives de la dyslexie et présente plusieurs recommandations "pour mieux repérer, prévenir" et "mieux prendre en charge".

Il recommande notamment, pour les enfants diagnostiqués, une rééducation orthophonique "intensive à raison de deux à quatre séances par semaine" au lieu du saupoudrage actuel.

par Lémos Dedys publié dans : Dyslexies
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Dimanche 15 juin 2008

Voici un article très intéressant concernant la dyscalculie.

 

 
Source : PsychoMédia  -  Publié le 09 juin 2008

La dyscalculie, un trouble de l'apprentissage du calcul, affecte jusqu'à 6% des enfants, selon un chercheur en neuroscience. Elle serait ainsi plus fréquente que la dyslexie, un trouble d'apprentissage de la lecture et de l'écriture qui affecterait 2.5% à 4.3% des enfants.

Le professeur Brian Butterworth de l'Université College London, qui a mené la recherche, croit que ce trouble ne reçoit pas suffisamment d'attention de la part des professeurs et des autorités

en éducation. Les enfants qui en souffrent ont besoin d'enseignement spécial tout comme ceux qui souffrent de dyslexie, a-t-il affirmé au Cheltenham Science Festival.

La dyscalculie peut être très nuisible pour les gens affectés. Les mathématiques et les calculs sont essentiels dans la vie de tous les jours et une faible numéracie peut être un handicap au travail, dit-il.

Le chercheur a étudié 1500 enfants à Cuba, où le trouble est beaucoup plus reconnu, et a constaté qu'entre 3% et 6% d'entre eux présentaient des signes de dyscalculie.

Il a développé un système d'évaluation pour identifier les difficultés à la base de la dyscalculie et croit qu'un dépistage devrait être réalisé tôt afin que les enfants puissent bénéficier d'interventions précoces.
par Lémos Dedys publié dans : Dyscalculie
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